On a souvent constaté que la cavalerie avait joué un rôle plutôt discret pendant les guerres révolutionnaires. Cela était dû au fait que les conditions dans lesquelles elle avait été utilisée auparavant n'existaient plus et que les conditions dans lesquelles Napoléon allait bientôt lui trouver un champ d'action fécond et entièrement nouveau n'avaient pas encore été imaginées. La tactique fut renouvelée par l'emploi de grandes unités de tirailleurs, la simplification des ordres de bataille et les progrès de l'artillerie. Les opérations dans leur ensemble étaient encore marquées par les anciens principes stratégiques : elles ne présentaient pas encore cette rapidité qui rendait indispensable l'emploi d'une cavalerie très nombreuse et très mobile pour favoriser les manuvres, préparer les combats et rendre les succès décisifs. Au contraire, dès l'époque du Consulat, Bonaparte met en place un nouveau système de guerre. Il ne veut plus se battre pour des objectifs partiels et secondaires, ni pour la possession d'une forteresse : il veut viser d'emblée l'objectif principal, dont la possession doit être décisive. Les efforts sur les différents théâtres d'opérations doivent en quelque sorte être orientés vers cet objectif unique, et sur un théâtre d'opérations unique, les forces armées engagées prendront des proportions inédites. La période du Premier Empire est certainement la plus féconde en enseignements utiles, notamment en ce qui concerne la cavalerie. L'étude de son organisation, de ses règlements, de ses marches et de ses combats n'a donc pas qu'un intérêt purement historique. Elle reste la meilleure école où nous pouvons apprendre ces sentiments magiques qui animaient nos ancêtres : L'enthousiasme et la confiance.