Comment était-ce d'être citoyen sous le Troisième Reich ? Quels étaient les soucis et les espoirs des Allemands qui vivaient la folie des années sous Hitler ? Combien de temps passaient-ils à penser à la guerre et combien à des préoccupations plus triviales ? Comment percevaient-ils cette violence inouïe qui constituait l'un des principaux instruments du régime ? Quelles étaient leurs opinions sur la propagande, un autre instrument important ? Quels espoirs nourrissaient-ils pour l'avenir, après une victoire ou - ce qui était de plus en plus probable - après une défaite ? Depuis l'effondrement du Reich en 1945, il s'est avéré difficile, voire impossible, de répondre à ces questions. Certes, certains Allemands ont rédigé des mémoires après la guerre et d'autres ont livré leurs témoignages dans le cadre de projets d'histoire orale ; mais ces sources sont d'une valeur plutôt douteuse, car elles ont inévitablement été déformées par un haut degré de rationalisation et de justification - compte tenu de l'opprobre lié à l'appartenance au régime probablement le plus infâme de l'histoire de l'humanité. Il existe cependant une source unique et abondante qui donne un aperçu direct de l'univers mental des Allemands sous Hitler : Des centaines de rapports ultra-secrets - totalisant 6 700 pages - rédigés entre 1939 et 1945 par le service de renseignement de la SS, qui enregistraient dans les moindres détails l'état d'esprit de l'opinion publique sur une multitude de sujets, de l'évaluation des dirigeants nazis au prix des légumes. Les informations contenues dans ces rapports provenaient de dépêches rédigées par un réseau dense d'informateurs répartis sur tout le territoire du Reich. Ces informateurs représentaient toutes les couches de la société, toutes les professions et tous les domaines de la vie. Comme la SS avait clairement fait savoir qu'elle ne souhaitait pas une version enjolivée de la réalité, mais des informations aussi proches que possible des conditions réelles - afin de pouvoir se faire une idée précise de l'état d'esprit de l'opinion publique -, il en résulta une véritable mine d'informations sur tous les aspects de la vie dans le Troisième Reich. Les rapports couvrent un large éventail de sujets : un seul rapport va du soulagement manifesté par les citoyens face à une rumeur d'accord de paix avec l'Union soviétique aux plaintes de citoyens âgés concernant l'impolitesse des jeunes Allemands - un contraste évident avec l'image officielle des cohortes trop rigoureusement disciplinées sous le régime nazi - en passant par les plaintes de citoyens devant partager les salles d'attente des médecins avec des ouvriers étrangers, ce qui reflète un haut degré de racisme quotidien. ainsi que le scepticisme à l'égard des articles de presse sur les prétendus plans britanniques d'après-guerre pour une Allemagne vaincue - une circonstance qui indique que la population allemande savait que les médias officiels ne lui disaient pas toute la vérité. En s'appuyant sur les rapports originaux, Peter Harmsen donne un aperçu des pensées et des sentiments des citoyens ordinaires qui ont vécu le Troisième Reich.
Groupe
Livres (neufs)
Auteur
Harmsen, Peter
Titre
Eyes & Ears of the Reich
Détails
Texte en anglais, 50-60 illustrations. 312 pages.
État
Neuf en magasin
Sous-titres
The Secret SS Reports on Public Opinion in Hitler’s Germany