Après la bataille de Monmouth en juin 1778, l'attention se porte surtout sur le sud lorsque Henry Clinton, le commandant en chef britannique, envoie des troupes en Caroline du Sud à la fin de l'année 1779 pour mettre en uvre la nouvelle stratégie britannique consistant à s'emparer d'abord du sud et à progresser ensuite vers le nord pour conquérir les colonies du centre. Peu d'attention est accordée à la période qui suit Monmouth et aux opérations terrestres et maritimes menées conjointement par les Français et les Américains contre les Britanniques à Yorktown. En automne 1778, l'attaque franco-américaine sur Newport, Rhode Island, occupée par les Britanniques, échoua, ce qui mit fin aux campagnes pour cette année-là. Washington s'occupe alors de renseigner sur les intentions des Britanniques grâce à son réseau d'espions à New York et de planifier une expédition dirigée par le général John Sullivan contre les Six Nations afin de protéger les colons à la frontière entre la Pennsylvanie et New York. Washington passe la majeure partie de l'hiver 1778/79 à consulter des membres du Congrès sur la situation de l'armée. Lorsque le printemps arrive, Washington apprend que les Britanniques se dirigent vers King's Ferry sur l'Hudson, où se trouvent les forts américains de Stony Point et Verplanck's Point. Washington lève son camp à Middlebrook et se dirige vers le nord pour soutenir West Point, mais il arrive trop tard. L'offensive britannique s'arrête cependant. Une fois la situation stabilisée, Washington attaque les forts mais ne parvient pas à prendre pied, mais s'empare de tout ce qui a une valeur militaire. L'année 1779 se transforme en une compétition pour le contrôle des forts de l'Hudson. Washington participe également à des attaques mineures, comme l'attaque surprise du fort britannique de Paulus Hook, dans le New Jersey. L'année se termine par l'évacuation britannique de King's Ferry et de Newport, Rhode Island. Washington doit faire face à la chute de Charleston en mai 1780. Il prévoit d'attaquer la ville de New York en collaboration avec la flotte française de l'amiral d'Estaing, mais met fin aux préparatifs à l'approche de novembre. En septembre 1780, il rencontre Rochambeau à Hartford, Connecticut, pour planifier la stratégie, mais doit également faire face à la trahison de Benedict Arnold. Son armée s'installe dans son camp d'hiver à Morristown, où se développe le pire hiver du 18e siècle. Il y a des problèmes d'approvisionnement en nourriture, en équipement et en vêtements, et Washington y reste jusqu'à ce que Lafayette arrive avec la nouvelle qu'une force expéditionnaire française fait voile vers l'Amérique. Washington se met immédiatement au travail pour renforcer l'armée. Il combat deux incursions britanniques dans le New Jersey, qui mènent à la bataille de Connecticut Farms les 7 et 8 juin et à la bataille de Springfield le 23 juin, qui voit les Britanniques repoussés. Il se penche ensuite sur l'attaque britannique de Groton Heights, dans le Connecticut, le 6 septembre 1781. Ces campagnes du Nord, souvent négligées, montrent Washington sous son meilleur jour, maîtrisant l'administration, la logistique et la diplomatie pour maintenir l'armée sur le terrain.