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Ces fantassins, armés de fusils à silex, constituaient le gros de l'armée. Ils formaient les lignes continues de trois ou quatre membres de profondeur, qui avançaient vers le front adverse en tirant et en chargeant dans un jeu sonnant et trébuchant. Seule une telle ligne permettait de tirer simultanément le plus grand nombre possible de fusils et a donné son nom à la tactique de toute une époque : la 'tactique linéaire'. L'unité tactique essentielle qui exécutait des manuvres avec feu et mouvement était le bataillon. Après le combat par le feu, le bataillon tentait de percer la ligne ennemie ou de mettre l'ennemi en fuite par une attaque fermée à la baïonnette. Derrière la ligne de front (première rencontre) se trouvait une deuxième rencontre qui devait combler de telles brèches et également repousser la cavalerie qui avait percé. L'uniforme se composait de la proverbiale 'jupe bleue' (le colorant bleu pouvait être produit à bon marché à partir de plantes locales) avec des revers de différentes couleurs. Elle était accompagnée de gilets et de pantalons blancs ou jaunes. Le chapeau à bords relevés, le 'tricorne', était orné de trois pompons de laine colorés. Des guêtres et des chaussures larges complétaient le costume. Outre le fusil à baïonnette, on portait un sabre d'infanterie grossier ; les sous-officiers utilisaient le fusil court, les officiers le sponton, un peu plus court (deux armes à perche).