French Armies of the Thirty Years' War présente l'évolution de l'armée française, l'une des premières armées permanentes d'Europe, de 1617 à 1648. Elle montre comment Louis XIII et Richelieu ont utilisé l'héritage complexe des guerres de religion au profit de la couronne et du pays.
Les trois mousquetaires, Cyrano de Bergerac, Louis XIII, Richelieu, Condé, Turenne, La Rochelle, Rocroi... ces quelques mots résument les représentations littéraires et historiques que la plupart des gens associent aux événements tumultueux qui se sont déroulés en France durant la première moitié du dix-septième siècle.
Armées françaises de la guerre de Trente Ans commence en 1617, l'année où Louis XIII prend effectivement le pouvoir en déposant la reine mère et en ordonnant l'assassinat de Concini, et se termine en 1648 - cinq ans après la mort de Louis XIII et l'année du traité de Westphalie. Cette période est presque entièrement dominée en France par la personnalité et l'action de Richelieu, qui entre au Conseil du roi en avril 1624. Il assigne au roi un objectif : 'provoquer la ruine du parti huguenot, humilier l'orgueil des grands, ramener tous les sujets à leur devoir et élever le nom de Votre Majesté à sa légitime réputation parmi les nations étrangères'. Ce programme fut réalisé jusqu'à la mort de Richelieu, le 4 décembre 1642.
La première action militaire de cette époque, la Drôlerie des Ponts de Cé en août 1620, fut une révolte de la noblesse qui soutenait la reine mère contre le roi. Les insurgés furent écrasés par les armées du roi, mais très peu d'unités combattirent réellement. Dans ses mémoires, Richelieu, qui était alors du côté de la reine, analyse en détail cette défaite. Il en tira notamment les principes qu'il devait suivre toute sa vie, reconnaissant que 'ce qui n'est tenu que par une autorité incertaine ne dure pas longtemps ; que ceux qui luttent contre un pouvoir légitime sont déjà à moitié vaincus par leur propre imagination'. Ces convictions politiques donnèrent à Louis XIII et à Richelieu un instrument puissant qui devait sortir transformé de la guerre de Trente Ans.
L'armée que Marie de Médicis avait laissée à l'héritier d'Henri IV était petite et inexpérimentée, mais les guerres de religion du début du règne de Louis XIII et les mesures prises par Richelieu permirent à la couronne française de se doter d'une armée de plus en plus efficace. Sous le commandement de grands capitaines comme le duc de Rohan, le vicomte de Turenne et le prince de Condé, l'armée fut extrêmement efficace, comme en témoigne de manière impressionnante la longue liste de victoires françaises de l'île de Ré (1626) à Lens (1648).